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Pourquoi l'electricité va augmenter ?

30 janvier 2012
La France veut abaisser la part du nucléaire et accroitre la part des énergies renouvelables. Compte-tenu des  projets  politiques à court terme soit en France (abaisser à 50% la part du nucléaire), soit en Allemagne (arrêt du nucléaire), une série de questions se posent sur les défis à moyen et à long terme sur la capacité de la France à équilibrer l'offre et la demande. Dans ce contexte, il faut aussi savoir que la demande en électricité augmente chaque année, ce qui rend l'exercice difficile.
Pourquoi l'electricité va augmenter ?

Si on regarde les problèmes usuelles sur la fourniture electrique  : va t-on passer la pointe hivernale ? disposera t-on d'une production suffisante ? comment assurer la sécurité d'approvisionnement en diminuant la production nucléaire ?

Il faut savoir que la consommation d’électricité croît chaque année tout particulièrement en raison  des usages nouveaux de l’informatique, des portables, des tablettes ou du chauffage électrique. La pointe de consommation est pour tous au même moment : entre  19h et 20 h. Si il semble que les marges de sécurité suffisent, il subsiste des cas régionaux où la situation est tendue :
La Bretagne produit 10% de l’électricité qu’elle consomme ; elle en « importe » donc 90%. Idem en Provence-Côte d’Azur avec une seule ligne longeant la côte.

Sachant qu’une baisse de température de 1°, entraîne une hausse de consommation de 2.300 MWe, lors de « grands froids », de – 6° à -8°, comment pouvons nous toujours disposer d’une marge de manœuvre suffisante ?



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Pourquoi l'electricité va augmenter ?

Informations complémentaires

Tenant compte des lignes de transport Haute Tension, la capacité actuelle d’importation dont nous pouvons disposer est entre 7.500 à 9.100 MWe, en fonction des échanges aux frontières. La mutualisation de l’électricité existe déjà, car en Allemagne la pointe est plus tôt vers 18h, et en Espagne plus tard vers 20h.
La France en 2011, a disposé des capacités qui étaient nécessaires. Toutefois, l’Allemagne pourrait limiter ses capacités futures d’exportation vers la France compte-tenu de l’arrêt de 8 de ses réacteurs nucléaires. En cas de vague de froid simultanée dans les deux pays, la France et l’Allemagne pourraient ne pas pouvoir s’entraider.

A moyen terme  (jusqu’en 2015), la production française devrait être généralement suffisante. Cependant la loi NOME est de nature à modifier profondément le bilan prévisionnel ; la logique économique voudrait donc qu’elle implique que les producteurs concurrents de l’EDF investissent par eux-mêmes les capacités de production ou les volumes d’effacement supplémentaires nécessaires

A long terme (2030), des défis colossaux sont mis en évidence par l’évolution considérable des mix énergétiques que l’on peut envisager :

- Défi géographique : les moyens de production sont loin des lieux de consommation.

Deux exemples :

  • En Mer du Nord, l’Allemagne, la France, le Danemark, prévoient 32.000 MWe de centrales éoliennes offshore ; or la consommation est au SUD. Les capacités d’interconnexion de lignes HT devront en conséquence être fortement renforcées, aux niveaux de 4.000 km de lignes HT supplémentaires en Allemagne et 20.000 km en Europe d’ici 2020.
  • Le plan solaire méditerranéen DESERTEC  nécessitera de grandes liaisons sous-marines, super-réseau du futur évalué à 2.000 Milliards €.

Certains envisagent des Energies Renouvelables décentralisées, mais à cause de leur intermittence cette solution  constituerait une difficulté.
On pourrait par contre mutualiser les grands flux à travers l’Europe, entre la France et l’Allemagne par exemple.

- défi technique opérationnel : car l’insertion à une grande échelle de l’énergie intermittente et fluctuante des EnR va conduire à modifier structurellement les modalités de gestion de la sûreté du système électrique (optimisation, flexibilité, aléas de production, réserves de capacité)
Par grand vent, il existe un risque de coupure du réseau : comment couper les éoliennes à distance ?

- défi de l’acceptabilité par les citoyens de la multiplication des lignes à Haute Tension (la ligne France-Espagne n’a été acceptée qu’au bout de 25 ans).

Le coût des lignes HT exigerait d’être multiplié par 7 si les  lignes étaient enterrées.

Autres défis :

- une  mutualisation accrue des moyens de production pour optimiser l’équilibre demanderait de doubler les lignes HT transfrontalières.
- la baisse de la part du nucléaire compensée par des EnR  demanderait des moyens de production de pointe supplémentaires de 10 GW de puissance pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité dans tout le pays. Ce supplément ne pourrait alors être produit que par des énergies fossiles polluantes.

- la baisse de la part du nucléaire entraînerait selon les hypothèses pour 2030

  • soit un émission minimale de CO2 de 15,7 millions de tonnes, 
  • soit  23, 1  millions de tonnes de CO2 pour l’hypothèse « nucléaire bas ».
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